Comparto vs SPV
Pourquoi un compartiment dédié remplace avantageusement la création d'une société ad hoc pour chaque transaction.
Un SPV (Special Purpose Vehicle) est une société créée spécifiquement pour porter une transaction. Contrairement à un Comparto, un SPV part d'une page blanche : il faut l'incorporer, lui donner un conseil d'administration, ouvrir des comptes bancaires, désigner un réviseur et construire toute l'infrastructure d'émission autour de lui.
Un Comparto, à l'inverse, est un compartiment au sein d'une plateforme de titrisation déjà existante et opérationnelle. L'infrastructure — administration, agent payeur, agent de calcul, circuits de règlement — est déjà en place. Seule la documentation propre à la transaction reste à rédiger.
Cette différence se traduit directement en délai et en coût : un SPV prend généralement 2 à 4 mois à mettre en place et nécessite des frais d'incorporation, de gouvernance et de tenue de comptes récurrents. Un Comparto est opérationnel en 2 à 4 semaines, sans société supplémentaire à administrer.
Sur le plan juridique, les deux offrent une forme de ségrégation, mais différemment : un SPV isole par la création d'une personne morale distincte ; un Comparto isole par compartimentation à l'intérieur d'un même véhicule, un mécanisme reconnu par la loi luxembourgeoise sur la titrisation. Le résultat recherché — un patrimoine dédié, isolé des autres opérations — est similaire, mais atteint sans multiplier les entités à créer, gouverner et liquider en fin de vie.
Pour un gérant qui structure plusieurs opérations dans le temps, cette différence est cumulative : chaque nouveau SPV répète les mêmes coûts fixes, alors que chaque nouveau Comparto s'ajoute simplement à une infrastructure déjà amortie.